Explosive ! L'histoire des carrières d'Yainville est explosive. elle débute avec les aléas de quelques chaufourniers pour aboutir à la prospérité d'Émile Silvestre. En passant par une violente polémique, une crise économique. Et quelques morts...

L'ascension d'Émile Silvestre
Après les chaufourniers , les carrières d'Yainville vont changer de vocation. Passer du petit commerce au grands travaux publics. Engagée en 1848, l'endiguement de la Seine  va favoriser l'essor des carrières. Beaucoup sont réquisitionnées par l'Etat qui passe des marchés par adjudication à des entrepreneurs.
Dès 1865, celles de Claquevent fournissent ainsi des matériaux à ces grands chantiers avec les Sabatier, Cuffel, Silvestre...

Parmi les carrières d'Yainville, celle de Valentine Alexandrine Decroutelle n'est pas la plus importante. Elle présente un front de taille de 60m. Or, il en existe manifestement  trois autres de bien plus grande importance et qui, elles, totalisent 490 m de long. Quel est leur emplacement exact, qui les exploite, à quelle date ? Cela reste à préciser. Toujours est-il qu'un certain Emile Silvestre met le pied chez Valentine Decroutelle...


Qui est Valentine Decroutelle ? Elle est l'épouse d'Adrien Adville, employé à l'hospice de Darnétal qu'elle avait épousé à Saint-Valery-sous-Bures. Le couple a eu à Yainville Jeanne Alexandrine en 1861, Jules-Albert en 1863 et Georges-Léon en 1866, mort à 2 mois au Mesnil où il était en nourrice chez Jean-Baptiste Fournier, un pêcheur.



Qui est Émile Silvestre ? Républicain convaincu, il est né le 27 août 1837 à Yvetot, rue Marc-Bridelle, d'Emile Alphonse Silvestre, maître de pension, et de Stéphanie Clémence Gouas, la fille du boulanger de Duclair.  Au moins une sœur lui est connue : Amanda Clémence, née le 26 novembre 1834 également dans la capitale cauchoise. 

En 1837, année de la naissance d'Emile Henri, la pension Silvestre d'Yvetot fait paraître des petites annonces pour le recrutement d'un professeur pour les classes élementaires. Il convient de s'adresser à M. Lefrançois.
La famille Silvestre

Le père de Silvestre, Emile Alphonse, est né à Bréauté le 15 février 1809 de Pierre Silvestre et Marie Adélaïde Juin. Quand il se marie à Duclair, le 21 mars 1833, il est alors maître de pension et demeure à Caudebec. Son père est marchand
horloger à Saint-Wandrille. Son épouse est la fille d'Alexandre Léonore Gouas, maître boulanger, et Françoise Neufville. Il fallut le consentement du conseil d'administration du 43e régiment de ligne. La mariée avait pour amis Louis Porteboys, maître filateur à Rouen et Emile Guéroult, épicier de Duclair. Le marié: Pierre Heusé, le perruquier de Caudebec, son cousin et Henri Acher, boulanger d'Yvetot.

Un bail juteux

La carrière Decroutelle cesse un moment d'être désignée par l'Etat. Silvestre en profite pour se l'accaparer en son entier. Le 29 décembre 1868, le jeune entrepreneur de 31 ans, signe avec la propriétaire un bail de 12 ans. Avec promesse de vente. Une biographie de l'abbé Robert, un temps professeur au lycée catholique d'Yvetot, évoque nos carrières : "Ainsi, tout le temps que dura la construction de la chapelle, que de fois ne le vit-on pas partir à cheval pour se rendre à Yainville, à la carrière d'où l'on extrayait la pierre, en vue de presser les ouvriers pour que les matériaux ne manquassent jamais à Yvetot !" (La Semaine religieuse).

A l'époque qui nous intéresse, Silvestre dispose déjà de neuf navires, deux autres sont en chantier à la Mailleraye. Il fait travailler à Yainville de 20 à 30 ouvriers. Et autant de bateliers. C'est une cinquantaine de personnes. Il établit des voies ferrées, déblaye, engage chaque jour des frais, investit d'importants capitaux. Mais il loue aussi une carrière et un four à Villequier, propriétés de M. de Saint-Wulfran. Et là-bas, il se dispute le site avec les frères Sabatier. Ses ennemis jurés. Il les retrouve à Yainville dont il veut faire le centre de son industrie et de son commerce... Les Sabatier exploitent en effet l'une des carrières de Claquevent, située à cheval sur les communes d'Yainville et du Trait. Maintenant, ils veulent s'approprier celles de Valentine Decroutelle.

Coup dur pour Silvestre

Car voilà que l'administration met en adjudication de nouveaux chantiers. Ils portent sur de grosses réparations des digues et chemins de halage de Duclair à la Risle  Et désignent comme lieu d'extraction la carrière Decroutelle. Elle est en quelque sorte réquisitionnée.

Le 9 juillet 1869, les frères Sabatier sont retenus, notamment pour la réalisation d'une digue à la Mailleraye, face au banc des Meules. L'ensemble des marchés emportés par les Sabatier se chiffre à 625.000 F.

Aussitôt, Silvestre et Valentine Decroutelle ripostent auprès de l'administration

"Inadmissible !"
Le 16 août, Silvestre interpelle le préfet. Il lui rappelle tout d'abord ses investissements réalisés à Claquevent et s'emporte en parlant de lui à la troisième personne: "Il ne peut admettre que nos lois autorisent de le déposséder violemment, de chasser ses ouvriers pour y mettre ceux de l'Etat. Dans l'hypothèse inadmissible d'une désignation, que fera l'entrepreneur ? Aura-t-il le droit de chasser le locataire ? Se mettra-t-il à son lieu et place ? Ou bien sera-t-il forcé de partager sa carrière, déménager ses matériaux pour se retirer dans la partie qu'on voudra bien lui laisser, que fera-t-on des abatis commencés, etc. etc. Ce serait créer des difficultés inextricables et pour l'entrepreneur de l'Etat et pour le soussigné, propriétaire actuel de la carrière en vertu d'un titre régulier, inattaquable. Si l'état n'avait que les deux carrières qui font l'objet de la présente réclamation, le soussigné, lui-même entrepreneur de travaux publics, s'inclinerait devant l'intérêt général et laisserait ses carrières à l'Etat. Mais l'Etat possède à Saint-Paul, Jumièges, Yainville, au Trait, Villequier, sans parler des carrières d'aval,où il peut placer, sans compter ceux qui sont déjà occupés, plus de 400 ouvriers."


Chez le sieur Tournache
En août 1869, Valentine Decroutelle fait élection de domicile chez son fermier d'Yainville, le sieur Tournache. C'est de là qu'elle écrit au sénateur-préfet. Elle vient d'apprendre, lui dit-elle, que ses carrières sont sur le point d'être désignées par l'administration. Or, elles sont closes, ce qui constitue à ces yeux un motif d'exemption. Closes d'un côté par la Seine, de l'autre par la falaise. Et sur les autres par des barrières et des haies vives. Elle ajoute qu'un terrain en nature de verger est édifié d'une maison d'habitation. Pour ces motifs, ses carrières étaient exonérées de servitude depuis des années lorsque, le 29 décembre dernier, elle a signé un bail avec Silvestre. Qui depuis les exploite... Et de rappeler que de longue date, le conseil de préfecture a reconnu l'exploitation de ces carrières à des fins commerciales. Les clôtures ne suffisent pas ? Elle est prête à les renforcer s'il le faut. Là, elle s'expose à devoir verser de lourds dommages et intérêts à son locataire.

Parmi foule d'arguments, Valentine Decroutelle rappelle que d'autres carrières, plus importantes, existent à Yainville. L'une d'elles se trouve dans les mêmes conditions que la sienne, à ce ceci près, c'est qu'elle n'est pas louée. Et qu'elle n'a pas été désignée cette fois par l'Etat alors qu'elle le fut antérieurement.

Pour toute réponse, l'administration agite un arrêt de l'ancien régime (1755!) qui stipule que l'exemption de servitude est accordée aux lieux fermés de murs ou autres clôtures équivalentes. La Seine, la falaise, ce ne sont pas des clôtures ! Elle veut les renforcer ? On ne peut se soustraire ainsi à la servitude alors qu'elle est prononcée. Le verger, parlons-en. Il est planté sur les débris des carrières et l'on passe entre les arbres pour transporter les matériaux jusqu'à la Seine. Quant à la qualité de commerçant revendiquée par Silvestre, il est encore, que l'on sache, entrepreneur de travaux publics. Ce n'est que "par surprise", dixit l'administration, qu'il a pu vendre quelques débris à des particuliers.

Le 30 août 1869, les carrières Decroutelle sont bien désignées pour concourir au travaux de la Basse-Seine. On attribue aux frères Sabatier les parcelles 54, 55, 56, 71 et 72 de la section A. Silvestre et sa propriétaire continuent de ferrailler avec l'administration alors que le conseil d'Etat est saisi.


Il construit deux fours
Dans le même temps, Émile Silvestre a demandé l'autorisation de construire deux fours à chaux. L'enquête commodo incommodo s'ouvre. On placarde le projet à son de caisse aux lieux habituels de Yainville. "Tout intéressé, souligne le maire, Jacques-Augustin Lafosse, sera admis pendant huit jours à déposer à la mairie ses observations sur le projet dont il s'agit..."Aucun opposant ne vient s'exprimer. Le 6 septembre 1869, l'enquête est close. Un mois plus tard, Silvestre reçoit le texte suivant daté du 6 octobre:

Monsieur Silvestre est autorisé aux fins de sa demande sur les conditions suivantes:

1) Il ne pourra employer que de la maçonnerie et du fer pour la construction du four projeté.

2) Il devra placer l'ouverture du foyer de telle sorte qu'elle ne puisse être aperçue sur les voies de communication voisines.

L'amputation de Louis Piot

Le 28 octobre 1869, les frères Sabatier demandent au préfet d'exploiter les carrières Decroutelle.

18 novembre 1869. La direction des travaux publics estime que les carrières de Claquevent sont exploitées depuis longtemps pour les travaux de la Basse-Seine. Elles n'ont pas les conditions voulues pour être exemptes de servitude. Silvestre a encore des fournitures à opérer à l'Etat en 1870. Il convient donc de le mettre à même de remplir ses obligations et par suite de partager avec les sieurs Sabatier les carrières selon l'importance des travaux a exécuter. On attribue cette fois les parcelles 73, 74, 77 et 78 aux Sabatier. Silvestre ne conservera que la partie au nord d'un chemin d'exploitation perpendiculaire à la Seine et qui avoisine la propriété de Mme Louard.

Coup dur cette fois pour les frères Sabatier. Un tâcheron, Aimable Pécot, demeurant à Sainte-Marguerite, exploite pour leur compte leur carrière de Claquevent. Quand, le 25 novembre 1869, un accident survient sur le chantier.

Il est 16h30. Louis Piot, 41 ans, travaille avec un levier à provoquer l'éboulement d'un bloc dépassant de 60 centimètres de la falaise. Au moment où il frappe avec son outil, le bloc se fend par le milieu et lui tombe sur le pied gauche. On le transporte à l'hospice de Caudebec. Le lendemain, à 8h, c'est l'amputation. Louis Piot supporte assez bien l'opération. Il guérira. Mais il est père de famille nombreuse et c'était là son seul travail.


Le bloc qui blessa Louis Piot est figuré ici en noir. L'ouvrier était sur le remblais au pied de cette falaise de 25 m

Le 28 novembre, l'information est donnée par la presse. Du coup, l'administration vient enquêter sur place. Antoine Nibourel, 87, route de Darnétal, à Rouen, est garde-mine. Il se rend à Yainville le 3 décembre. La partie des carrières exploitée par les frères Sabatier a de 10 à 25 mètres de hauteur. L'ensemble des exploitations qui  produisent pour l'entretien des digues de la Basse-Seine totalise un front de taille de 1500 mètres. Les ouvriers sont divisés pas brigades de 4 ou 5 sous la surveillance d'un tâcheron qui les paie à la journée. Lui-même touche 1 F par mètre cube extrait et transporté en bordure de Seine. Nibourel dénonce la méthode utilisée par Piot. Celle qui consiste à dégager un bloc de pierre par la base en arrachant avec des leviers les bancs les plus tendres, les plus fendillés... La prudence veut que l'on attaque la masse de haut en bas. L'observation en est faite à Pécot qui répond: "le prix de revient ne nous le permet pas..."

Zélé, Nibourel note encore que la carrière n'a pas été déclarée comme le veut le décret du 15 février 1859. Le 6 décembre, il rédige son rapport. Le 7, il est enregistré.

Commentaire de l'ingénieur ordinaire: l'accident est dû à une fissure cachée sous le bloc attaqué par l'ouvrier. La méthode d'éboulement est pratiquée dans toutes les carrières analogues et demande beaucoup de dextérité et d'attention de la part de l'ouvrier qui travaille au dessous des masses dont il provoque la chute et ne se range que quand celle-ci devient imminente. "On ne peut cependant l'interdire, c'est la seule applicable à l'extraction de pareils matériaux. Conduite avec prudence, sans chercher des éboulements étendus mais circonscrits à des blocs de dimensions médiocres, en étudiant avec soin leur solidité, elle peut se faire sans véritable danger. Généralement, cette méthode est complétée par l'usage de la poudre. On ne fait tomber avec le pic et la pince que le nécessaire pour préparer avantageusement l'emploi de l'explosif." 

L'ingénieur écarte la responsabilité des exploitants. "Peut-être la victime peut-elle se reprocher une certaine inattention ou maladresse." Comme cette partie de la carrière est exploitée pour les Pont & Chaussées, des fonds sont prélevés chaque année auprès des entrepreneurs et Piot devrait bénéficier d'une aide. 

L'ingénieur en chef se rangera de cet avis. Non déclarée, la carrière ? Aucune gravité. L'administration n'impose plus cette formalité aux carrières à ciel ouvert...

Les experts vont se rhabiller

6 janvier 1870, un nouvel arrêté préfectoral autorise les frères Sabatier a extraire des matériaux chez Decroutelle. Silvestre et sa propriétaire s'opposent toujours à leur présence. Avec les mêmes arguments: pas de servitude...

12 janvier 1870. Les frères Sabatier ont examiné les propositions de l'administration concernant l'occupation des terrains et écrivent à l'ingénieur en chef: "Il y aurait de graves inconvénients à admettre les prétentions du sieur Silvestre tendant a exonérer les carrières de servitude..."

13 janvier 1870. Une lettre du préfet au maire de Yainville l'invite à ne pas accepter les frères Sabatier chez Decroutelle. Du moins jusqu'à nouvel ordre. Une position qui en rajoute une couche dans cette affaire déjà bien compliquée. C'est alors que Valentine Decroutelle rend l'âme, le 12 février 1870, à Paris. Que diable faisait-elle là bas ?

17 février: l'administration met les frères Sabatier en demeure de faire face à leurs obligations.

24 février 1870. Le conseil de préfecture rejette le pourvoi Silvestre-Decroutelle. Reste à attendre la décision du conseil d'Etat. En attendant, les frères Sabatier pétitionnent...

23 mars 1870. L'administration se plaint des frères Sabatier. Depuis le 6 janvier, ils auraient dû remplir toutes les formalités préalables à l'occupation des terrains. Et c'est seulement deux mois plus tard, alors qu'ils sont sous le coup d'une mise en régie, qu'ils viennent arguer d'un prétexte spécieux pour ne pas remplir leurs engagements. L'ingénieur ordinaire du 2e arrondissement ne voit là qu'une manœuvre et estime qu'il n'y a pas lieu de donner suite à leur pétition.

25 mars 1870. L'ingénieur en chef ajoute: le maire a notifié à la propriétaire l'arrêté préfectoral permettant aux frères Sabatier d'entrer à Claquevent. Dès lors, ces derniers sont en mesure de remplir les formalités exigées et de se faire mettre en possession des terrains.

28 mars 1870. Du Trait, les frères Sabatier se plaignent au préfet. Le maire de Yainville refuse de nommer un expert. Il a du reste, affirment-ils, reçu l'ordre de ne point les mettre en possession des terrains. Et cet ordre vient du préfet lui-même. D'où leur impossibilité de satisfaire au décret de mise en demeure du 17 février. Les Sabatier demandent donc au préfet de leur permettre d'entrer à Claquevent.

2 avril 1870. Le service des carrières écrit au maire de Yainville. Les frères Sabatier n'ont pu s'entendre à l'amiable avec Valentine Decroutelle. Alors, l'ingénieur s'appuie sur l'article 6 d'un décret du 8 février 1868 relatif à l'occupation de terrains nécessaires à l'exécution des travaux publics. Face au refus de la propriétaire, il appartient au maire de désigner un expert pour dresser un état des lieux, contradictoirement avec celui des entrepreneurs.

Ce fut Frédéric Édouard Taupin, propriétaire, géomètre à Hauville, qui fut désigné pour expertiser les carrières Decroutelle. Quant à celui du propriétaire, c'est une vielle connaissance: Jean Baptiste Beaulard, géomètre à Duclair. Le 16 avril 1870, ils se présentent tous deux devant Delacroix, conseiller de préfecture, et prêtent serment de "bien et fidèlement remplir leur mission".

Expulsé par le maire !


Rebondissement. 12 mai 1870: le maire de Yainville, Jean-Augustin Lafosse, vient expulser Silvestre des carrières. "Violemment" dira ce dernier. Le procès-verbal révèle que sa carrière emploie ce jour-là douze ouvriers et quelque quatorze bateliers. Déjà une belle entreprise...

Le 18 mai, les deux experts transmettent leur mémoire et demandent à l'administration de le taxer. Ils ne travaillaient pas bénévolement. Seulement, l'administration va refuser de payer.Le 10 juin 1870, la direction des travaux publics prie le maire de Duclair d'en informer Beaulard.

Le 18 juin 1870, Silvestre interpelle le Sénateur-Préfet. Il est en droit, estime-t-il, de réclamer des dommages suite à son expulsion. "Justice et équité", insiste-t-il guident sa démarche et il résume ainsi cette "déplorable affaire".

Quand il a signé son bail, en décembre 68, quand celui-ci a été enregistré en bonne et due forme le 24 mars suivant à Duclair, les carrières d'Yainville n'étaient pas désignées pour concourir aux travaux d'endiguement de la Basse-Seine. Elles étaient par conséquent libres de toute servitude. "On ne comprend pas pourquoi l'administration a contesté le droit de M. Adville d'user de sa propriété." Depuis que Silvestre a pris possession des carrières pour en faire le "centre de son industrie et de son commerce", il a construit douze bateaux et établi à grands frais des chemins de fer pour l'exploitation des carrières. Rappelons aussi qu'il a fait apporter des matériaux pour construire ses deux fours à chaux. Enfin Silvestre a réalisé des quais d'embarquement.

Et  voilà que deux arrêtés préfectoraux ont désigné les carrières Decroutelle pour les travaux d'endiguement.  Silvestre développe alors ses arguments:

1)  Cette propriété n'était pas primitivement portée au devis des entrepreneurs.

2) Les usages de l'administration veulent que l'on ne désigne de nouvelles carrières que lorsque celles du devis primitif sont épuisées ou insuffisantes. Ce qui n'est pas le cas. 

3) D'autres carrières auraient pu être désignées. Notamment la carrière Dossier qui ne se trouve pas dans les conditions d'exemption présentée par la carrière Adville Decroutelle.

4) La propriété en nature de verger clos et renfermant deux maisons d'habitation entre bien dans la catégorie des terrains qui échappent à la servitude d'extraction. 

Seulement, le conseil de préfecture en a décidé autrement. Une décision qui ne repose sur aucune jurisprudence. Silvestre souligne en revanche que le conseil d'Etat, lui, a rendu plusieurs arrêts contraires. Et de rappeler au préfet qu'au début de l'affaire, il ne partageait pas l'avis des ingénieurs des Ponts & Chaussées si l'on relit bien sa lettre adressée au maire d'Yainville. 

"L'administration porte une grave atteinte au droit de propriété et cause à un tiers de bonne foi des dommages considérables." Depuis son expulsion, ajoute Silvestre, il n'y a eu aucun ouvrier dans les carrières. Les siens ont été mis à pied. "Dans quel intérêt a-t-on voulu expulser le réclamant ?" Silvestre a pourtant offert 100 m de carrière à l'administration. Sans suite. On a détruit les voies ferrées établies, "miné son commerce, son industrie !" Alors il passe de la brosse à reluire au Sénateur-Préfet. Et fait appel en lui "à cette justice, à cette équité, à cette bienveillance dont le souvenir se perpétuera longtemps dans le département de la Seine-Inférieure après qu'il vous aura perdu."  

Sans que Silvestre l'ait demandé, les ingénieurs  lui ont attribué pour des travaux d'entretien de moindre importance la partie des carrières que lui-même proposait aux frères Sabatier. Preuve qu'elle est exploitable, en profite de dire Silvestre.

"Sans doute, dans la partie que le soussigné a mise en exploitation régulière, où il a établi des tranchées pour y poser des voies ferrées, les entrepreneurs Sabatier trouveront plus de facilités d'exploitation. Mais alors, on se demande s'il est équitable de déposséder un entrepreneur au profit d'un autre que l'on ruine." (Sic)

M. Adville entre en scène
Le 21 juin 1870, Adrien Adville, veuf de Valentine Decroutelle, emboîte le pas de son locataire en s'adressant au préfet. Il le fait en son nom propre mais aussi de son fils mineur, Jules-Albert: "La propriété est close, sinon de murs, du moins de clôtures équivalentes." Et puis ou est le besoin ? Depuis l'arrêté du 6 janvier, l'Etat n'a pas extrait un seul mètre cube des carrières. Comme Silvestre, Adville demande un sursis a exécution du préfet. Et attendons la décision du conseil d'Etat.  "En accordant ce sursis, vous empêcherez, je ne crains pas de vous le dire parce que c'est ma conviction intime, une grande injustice de se commettre, vous arrêterez les entrepreneurs sur le point de s'emparer des matériaux appartenant à mon locataire de jouir des travaux d'appropriation qu'il a exécutés, ce que vous me permettrez d'appeler une véritable confiscation..."

En juillet 1870, Valentine Decroutelle étant décédée, Silvestre allait devenir propriétaire du site.

Les Prussiens s'en mêlent
Durant l'invasion des Prussiens, le 29 janvier 1871, un barrage de torpilles fut installé par les occupants, au niveau de Claquevent. Gardé par une batterie d'artillerie et des fantassins. Il y eut  des affrontements entre canonnières françaises et troupes d'occupation. Le barrage fut démonté du 5 au 7 février 1871...

25 juin 1871: Silvestre renonce à attaquer l'Etat. Cette décision sera renouvelée le 3 février 1872 par la voix de Me Fossé, avocat d'Adville et Silvestre au conseil d'Etat. Le président de la République lui-même, Adolphe Thiers, prendra acte de ce renoncement. Les raisons nous échappent. Un accord amiable ? En tout cas au bénéfice de notre carrier. Car il va s'établir définitivement à Claquevent. Jusqu'à la mort...


Il construit les cales du bac
Le 30 août 1873, le projet de construction de cales d'embarquement à Yainville et Heurteauville est approuvé. Trois entrepreneurs vont se mettre sur les rangs : Leblond-Lesueur de Saint-Etienne-du-Rouveray, Eugène Cauvin, du Landin et Silvestre qui durant toute cette opération se fait appeler Silvestre fils.
Cauvin est le mieux-disant, les autres sont à égalité. On leur demande de reformuler des propositions. Et cette fois, c'est Silvestre qui l'emporte en consentant un rabais de 13%.   Il mène aussi la construction des cales de Duclair

Le 9 juillet 1874, la construction des cales d'Yainville lui est officiellement adjugée. Le 12 septembre suivant, il hypothéque ses biens pour offrir une garantie. Voici donc le patrimoine d'Emile Silvestre à cette date.


Une propriété sise à Yainville, près de la cale du passage d'Heurteauville, comprise entre la Seine, et la grande route de Rouen à Saint-Romain, composée :

1°) d'un verger planté d'arbres fruitiers et édifié d'une maison de maître, d'une maison de fermier, d'un ancien corps de garde des douanes et de bâtiments ruraux.

2°)  d'une carrière de pierre d'une contenance de 2 hectares, 70 ares 2 centiares ;

3°) d'une pièce de terre en nature de labour de sablon d'une conternance de 9 hectares, 46 ares 25 centiares ;

4°) d'une pièce de terre en nature de bois taillis d'une contenance de 74 ares 60 centiares;

Les dits immeubles bornés d'un côté au nord par les héritiers de Mme veuve Loir, Mme Pesquet et MM. Pommelle et Delépine, d'autre côté par MM. Delépine, Maresquier et Caron, d'un bout à l'est la grand route et d'autre bout la Seine ;

5°)  une portion de terrain en nature de bois taillis et friche comprise entre la grand route et l'ancien chemin d'une contenance de 19 ares 10 centiares, portée à la matrice cadastrale sous les Nos 75 bis et 78 bis, section A. ;

6°)  d'une autre portion de terrain en friche provenant d'un ancien chemin déclassé, d'une contenance de 1 ares 33.

Le tout acquis au terme d'un procès-verbal d'adjudication dressé par Maître Bicheray, notaire à Jumièges, le 3 juillet 1870, des héritiers de Mme Alexandrine Valentine Decroutelle, épouse de M. Adrien Adville, décédée, propriétaire à Paris où elle demeurait, rue de l'Ave-Maria, N° 171, moyennant un prix payé suivant quittance reçue par le même notaire le 8 octobre 1871.

M. Silvestre a déclaré que, par suite des constructions qu'il a fait établir sur cette propriété, elle est estimée à 40.000 F.

La construction des cales s'élève quant à elle à quelque 12.000 F.


Le premier appontement

Durant la campagne de 1874, l'administration fut manifestement impliquée aux carrières d'Yainville. Elle fut en effet obligée de louer un petit bâtiment à Silvestre pour servir d'abri à son surveillant de chantier. "Cet employé doit passer une partie de la nuit sur la carrière dans certaines marées et l'éloignement des habitations rend ce service difficile." Le loyer fut fixé à 50F l'an. La dépense fut soumise à l'approbation de la préfecture.

En 1875, Silvestre fait construire un premier appontement sans autorisation.

Les cales du bac figurent déjà. Le premier bâtiment à leur droite est peut-être propriété de Delépine et évoque le café du Passage.


La mort de Lefée
19 août  1875. Il est quatre heures et demie du soir. Jean-Pierre Mabitte vient de percer un trou de mine dans un bloc de 4m sur 3,60 et 1,20 d'épaisseur. Son chef de chantier est près de lui. Mabitte demande à Lefée de l'aider à charger le coup de mine. Alors, Lefée confectionne une cartouche de poudre d'environ 40 grammes. Mais elle est trop grosse pour entrer dans le trou. Mabitte est obligé de la pousser en force des deux pouces pour l'enfoncer. Difficile. On va l'avoir au burin. Mabitte tient l'outil dont le diamètre est équivalent à celui de l'orifice. Lefée donne un premier coup de masse. Et avant qu'il n'assène le second, c'est l'explosion. Le bloc se détache en trois morceaux. Lefée est écrasé, Mabitte a les mains brûlées et diverses blessures et contusions. Jules Lefée avait 40 ans. Père de 4 enfants, il habitait Yainville.

Que s'est-il passé ! Une étincelle a tout simplement jailli du choc entre le burin et un bancs de silex traversé par l'orifice. Une étincelle qui a mis le feu aux poudres.Nibourel, le garde-mine, habite cette fois 12 rue Traversière, à Rouen. Le Nouvelliste de Rouen vient de publier un article sur l'accident. L'administration le charge donc d'enquêter à Yainville.  Il y vient le 24 août 1875. Le terrain, nous apprend son rapport, appartient à Silvestre qui a la qualité d'entrepreneur de travaux publics. Le front de taille a une hauteur variant de 20 à 25 mètres. Il est coupé verticalement. Le mode d'exploitation ? L'éboulement. On pratique à la base du front de taille des galeries souterraines en direction que l'on recoupe par d'autres galeries perpendiculaires aux premières de manière à découper de faibles piliers de soutènement. Ces piliers sont ensuite abattus tous à la fois au moyen de coups de mines. Ce qui détermine l'éboulement de tout le front de taille sur une vaste étendue. C'est ce que dirigeait alors Lefée. Les ouvriers sont divisés par petits groupes de 6 sous les ordres d'un tâcheron payé au m3. Les blocs sont chargés sur les navires de l'administration pour l'entretien des rives de la Seine. Ou encore utilisés comme lest à bord des navires de commerce.

Pour l'enquêteur, la responsabilité de Lefée est engagée. Chef de chantier expérimenté, il a commis une faute qu'il n'aurait jamais permise à l'un de ses ouvriers. "Ce malheureux a payé de sa vie son imprudence. Mabitte a partagé cette imprudence, mais, subordonné de Lefée, il ne peut être responsable de celui-ci auquel il a obéi."

Oui, le garde-mine parle d'une imprudence extrême des deux hommes qui auraient dû user d'un burin en bois ou en cuivre. Et puis ils ont utilisé une cartouche trop grosse. Les burins dont on se sert habituellement chez Silvestre sont armés d'une tête de cuivre de 4 à 6 cm de long. Trop court, estime Nibourel qui préconise une taille de 10 à 12 cm.On s'engage à l'écouter sur ce point...


L'affaire de Silvestre se développe et le voilà bientôt à la tête d'une imposante flottille sortie des chantiers Lefranc, de la Mailleraye. Le soir mouillent au Claquevent une vingtaine de gribanes dont le fanal scintille en haut de mât. On les appelle les "Silvestres". Ces gribanes, elles sont familières du fleuve depuis le Moyen Age avec leur proue fortement incurvée. 

C'est la seule représentation dont nous disposons pour l'instant des carrières Silvestre. Sur cette gravure réalisée sans doute d'après photo, on retrouve les appontements figurés sur le plan. Le transfert des blocs de pierre se fait par wagonnets. Auparavant, il s'effectuait à la brouette.

Le 21 juin 1877, Silvestre obtient la levée de l'hyptothèque placée sur ses biens lors de la construction des cales du bac. Il a satisfait aux obligations du cahier des charges.

Le 14 septembre 1878, le père de Silvestre meurt à Duclair.

En 1879, Claquevent compte 21 habitants et les Carrières 46. Soit un total de 67 habitants sur les 226 que totalise la commune. 180 Yainvillais sont recensés au Village, 10 à la Grand-Ferme. 67 habitants ! Et pourtant nos plans de nous montrent que quatre constructions.

C'est l'entreprise Silvestre qui effectua de grosses réparations des chemins de halage et des digues entre Duclair et Berville par adjudication le 28 juin 1879. Elle fut concernée aussi par la construction d'une cale pour le bac de Duclair.


L'accident de Duval
Le 24 octobre 1879, un ouvrier est grièvement blessé par la chute d'un bloc de pierre qui s'est subitement détaché du front de taille. La responsabilité de l'ouvrier est directement mise en cause. Pas celle du propriétaire. Car Duval, tâcheron, se trouvait dans une partie de la carrière inexploitée depuis longtemps. En revanche, on fulmine contre le maire de Yainville qui n'a pas cru bon d'alerter l'administration. Les Pont & Chaussées demandent donc au préfet de rappeler notre fonctionnaire municipal à ses obligations. C'est le décret du 15 février 1853 qui le dit...


Le développement de Claquevent est marqué aussi par la mise en service, en septembre 1882, du bac de Yainville. On vient de construire une cale au bout de la route allant du pied de la côte Béchère à la Seine, là où les pêcheurs embarquent de longue date.

Un arrêté du 27 septembre 1882 autorise Silvestre a établir deux appontements sur la berge moyennant une redevance annuelle de 25,75F. La concession est accordée pour 10 ans.

Sur ce plan de 1885, on voit que Silvestre est propriétaire de la majeure partie du site. M. Gossey, de Yainville conserve cependant une parcelle. Deux autres portent le nom de Delépine. Trois appontements sont figurés. L'un construit sans autorisation, deux autres que Silvestre demande à achever.

Silvestre se marie !
Emile Silvestre a maintenant 45 ans. Son père est mort à Duclair, sa mère y vit toujours. Célibataire engagé à fond dans ses affaires, il songe enfin à se marier. Le 10 octobre 1882, à Fécamp où vit sa promise, il prend pour épouse Suzane Albertine Bénard. Une rentière. Deux cousins de Silvestre furent ses témoins :  Emile Prosper Guéroult, propriétaire à Duclair, 74 ans et Octave Antoine Sécard, rentier de 66 ans, de Rouen.

Silvestre élu maire !
Voilà 36 ans que Lafosse dirige les affaires du village. 36 ans! En 1884, Silvestre lui succède à la mairie. Pour une décennie. Silvestre savoura, on s'en doute, cette victoire. Lui qui avait expulsé de sa carrière par Lafosse.

10 mars 1885. Silvestre demande l'autorisation de construire un talus de pierre le long de la Seine au droit de sa propriété. Accordé. Son terrain n'est en effet grevé d'aucune servitude de halage. Uniquement celle de contre-halage. L'ingénieur des Ponts & Chaussées y est d'autant plus favorable que la berge en question n'est défendue par aucune digue. L'établissement d'une perré maintiendra la rive et évitera les corrosions. Ce ne peut-être qu'avantageux à la navigation.

Encore un mort aux carrières

Le 14 mai 1885. Un ouvrier monte à l'arrière d'un wagonnet en mouvement. On le lui a pourtant interdit. Un choc, et le malheureux Alix est projeté hors du wagon. Il est mortellement blessé. Cette fois encore, la responsabilité de Silvestre est dégagée. En revanche, note le ministère, le maire, bien que prévenu de l'accident (et pour cause !) a omis de prévenir le service des mines. On demande au préfet de le rappeler à l'ordre...
 

La mort de Victor Ferrand

22 avril 1886. Victor Ferrand avait 61 ans. Il était le père de deux enfants établis. Était. Car un bloc de détache. Et le tue. L'accident est le résultat "d'une de ces circonstances fortuites que la prudence ne permet pas d'éviter", estime l'administration. Le ministère prend note qu'aucune poursuite ne sera engagée. En revanche, on s'interroge sur le mode d'abattage employé dans toutes les carrières de la contrée.

En 1889, Silvestre préside à un mariage qui le réjouit sans doute. C'est celui de Jules-Albert Adville, le fils de ses anciens propriétaires. Il est domestique à Yainville et épouse Louise Marie Dezoide, une fille originaire de Croixmare. Présent, le père du marié a 69 ans et demeure à présent à l'hospice de Rouen après avoir été cafetier. Parmi les témoins : Pierre Théroulde, un carrier yainvillais de 43 ans, beau-frère de la mariée.

Silvestre voit, en 1890, le presbytère se vider du dernier curé de Yainville. C'est le vicaire de Duclair qui viendra un temps desservir cette paroisse plutôt portée sur la religion. Quant au presbytère, il fera bientôt office de mairie.

Silvestre a des libéralités pour l'école. il offre des livres. Avec son épouse, il organise un goûter le 14 juillet et distribue lanternes, drapeaux, jouets...

Le 16 septembre 1891, Silvestre, qui bénéficiait d'une concession de 10 ans pour ses deux appontements établis sur la berge prévient qu'il ne le renouvellera pas. Elle arrivera à échéance le 1er janvier 1892.  Les ingénieurs des Pont & Chaussées devront donc veiller à ce qu'il enlève effectivement ses appontements du domaine maritime et remette les lieux en leur état primitif. Silvestre devra payer jusqu'à l'achèvement total de cette opération.

Le 18 septembre 1891, à la préfecture, adjudication d'une digue formant le trou du Malaquis, en amont de La Mailleraye, en faveur de l'entreprise Silvestre pour 255.000F

 Le 22 septembre 1892, Silvestre préside aux fêtes du centenaire de la victoire de Valmy et de la proclamation de la République. Élan patriotique du conseil municipal: "La victoire de Valmy est la première bataille gagnée par la Nation sur les souverains de l'Europe qui voulaient imposer leurs volontés aux Français et le prélude de belles victoires qui portèrent si loin et si haut la gloire de la République Française. Le 22 septembre est le centenaire de la proclamation de la République qui a régénéré la France et l'Europe et a fondé sur des bases de justice et d'égalité jusqu'alors inconnues dans notre pays la société moderne. Le conseil associe dans une même admiration les volontaires de 1792 et les députés de la Convention."

Les Gribanes Silvestre

L'Emile 1. Navire de 15 Tx construit en 1873 à La Mailleraye. En février 1891, Ernest Tranquille Mauger en est le patron avec Pierre Albat Parésy pour matelot. Semble avoir succédé à un autre Emile n° 1 construit en 1869 à La Mailleray, du port de 10 Tx, commandé par Léopold Courtois en 1877, avec pour matelots Valentin Biette, d'Yville,
NB : il commandera aussi le bac de La Mailleraye.

L'Emile 2. Sloop de 19 tonneaux construit en 1870 à Villequier. Commandé en 1880 par Léopold Courtois, né en 1849 à Saint-Nicolas-de-la-Taille.

L'Emile 3. Gribane de 36 Tx construite en 1870 à La Mailleraye.
Commandé en août 1880 par Isidore Deconihout, né à Jumièges en 1828.
En avril 1890 et 91, Ernest Landrin, né en 1843 à Varengeville, enfant naturel, en est le patron avec pour novice son fils Gustave, né en 1875 à Duclair.
1891 1ère série, p. 484 On verra bientôt que ce navire va faire l'objet d'un drame.

Un autre Emile n°3 du port de 19 Tx a été contruit en 1873 à Yainville. était commandé en 1878 par Charles Persil, né à Caumont en 1832. Matelots : son fils Hyacinthe et Pierre Masselin, né à Quillebeuf en 1837.

Le Charles-Alexandre, navire construit en 1880 à La Mailleraye, jaugeant 19,90 tonneaux.
Eb 1880, commandé par Pierre Onésime Persil, né à Caumont en 1828, un temps passeur du bac de Jumièges. Second patron : Pierre Arthur Mauger, né en 1843 à Saint-Pierre-de-Manneville. Matelot : Louis Lesieutre, né à Aizier en 1837.
En décembre 1882 et 1883 et en janvier 1885, commandé par Pierre Arthur Mauger, fils Jean-Pierre, né le 23 juillet 1843 à Saint-Pierre-de-Manneville.
En janvier 1888 commandé par Ernest Tranquille Mauger, matelot : son frère Louis Arsène.
En janvier 89 on trouve les trois frère Mauger à bord.
Commandé en février 1890 par Louis Arsène Mauger
, né à Mauny le 9 septembre 1853. C'est le frère d'Ernest Tranquille, le beau-frère de Pierre Delphin Chéron, capitaine du bac d'Yainville.  Matelot : Gustave Alfred Mauger, son frère, Edmond Brunet, né à Jumièges en 1872.
En 1891, Mauger comptait à bord Edmond Brunet et Pierre Guéroult,
matelot, né en 1853 à Jumièges
En juillet 1893, Louis Mauger est patron à la part sur le navire en compagnie de Pierre Toutain, né à Villequier.
NB : Louis Mauger travaillera sur le bac de La Mailleraye commandé par son frère, Ernest Tranquille et armé par M. Bardel, président de la société du bac. Il a été construit en 1870.

Le Marceau, gribane de 19,98 Tx, construite à La Mailleraye en 1870, patron en 1891 : Philippe Beyer, né en 1860 à l'île de Batz et inscrit au quartier maritime de Roscoff. Matelot : Pierre Guéroult. Le navire navigue entre Rouen, Le Havre, Pont-Audemer, Villequier, il transporte des céramiques, de la chaux, du sable... Beyer a servi sur différents navires en Seine. Il avait un frère prénommé Jacques.
En 1890, le navire appartenait à M. Boistelle. Patrons Hippolyte Chouquet, né à Honfleur en 1854 et Sylvain Neveu, né au Mesnil en 1838. Matelots : Louis Deconihout né à Jumièges en 1866 et Victor Chevalier, né à Caudebec en 1826.
1891 7P6_159 p. 381.
Au 6 novembre 1896, Caré est seul sur cette gribane armée par Mme Silvestre.

Le Marie-Augustine, bachot de 17 Tx construit en 1871 à La Mailleraye, commandé en janvier 1894 par Ernest Tranquille Mauger, matelot Alphonse Chevalier, né à Yville.
Au passage d'Yainville, le navire appartenait jusque là à Delphin Agnes, né en 1836 à Villequier. A bord : François Deshayes, de Jumièges, Victor Agnès, Alfred Marcotte, né à Guerbaville, Alphonse Lechevallier, né à Yville.
En janvier 1895, appartient toujours aux carrières Silvestre. Il est alors commandé par Ernest Tranquille Mauger avec Lechevallier pour matelot.
En février 1897, le bachot est propriété de Mauger. Il a pour matelots Victrice Mauger et Alphonse Lechevalier.
En 1898, les deux frères Mauger sont avec André Leveillard, matelot, né à Guerbaville en 1859.
En 1899, ils sont avec Lechevalier.
En 1900, c'est la veuve Mauger qui reste propriétaire du navire pour le transport de marchandises sur la Seine. Lechevalier devient le patron avec pour matelots Léveillard, Bonté, Alfred Cavé, né à Estouteville en 1873, Edmond Gontier, né à Bliquetuit en 1883.
En 1902, c'est François Vautier le patron, né à Guerbaville en 1868, second patron : Louis Lecomte, né en 1851 à Guerbaville, matelots Gontier, Louis Arsène Mauger.
En 1903, le patron est Louis Arsène Mauger, matelots : Gontier, Louis Poullain, né en 1882 à Sainte-Marie-des-Champs, Octave Sainsaulieu, né à Heurteauville en 1883.
En 1904, le patron est Lechevalier.
NB : Agnès possède aussi Le Victor, armé à la pêche à La Mailleraye avec quatre hommes.


Le Passager du Trait, Navire de 5 Tx construit en 1850 au Trait. Il a d'abord appartenu aux carrières Cauvin.
Commandé en 1882 et 1883 par Louis Charles Guérin, né en 1816 au Trait. Matelots : Albert Clément Eliot, né à Duclair en 1844, Delphin Agnès, né en 1830 à Villequier.
Il semble avoir été rebaptisé sous le nom de...

Le Passager d'YainvilleNavire de 5 Tx construit en 1850 au Trait.
Janvier 1885, patron Delphin Agnès, matelot Guérin et Louis Alexandre Agnès, novice.
Janvier 1886, patron Agnès, matelot Louis Guérin.
Janvier 1887 : patron Agnès, matelot Lesage, novice Félix Baillemont né en 1876 à Guerbaville, Louis Guérin, né en 1876 au Trait.
1888 : commandé par Agnès, matelot Lesage.
Commandé en 1889 et 1890 par Delphin Agnès, né en 1830 à Villequier. Matelots : Lesage et Deshays. En 90, matelots : Louis Lesage, né en 1873 à Jumièges, Victor Eugène Agnès, né en 1877 à Guerbaville. On retrouve les mêmes en 91 mais le propriétaire semble être Noël Petit avec en outre à bord François Deshays né en 1872 à Jumièges et Armand Lesage né en 75 à Berville.
En février 1895, le propriétaire est Noël Petit, armateur du bac d'Yainville. Il est commandé par Louis Albert Sénateur Mauger. Matelot : Pierre Julien, né à Jumièges, par ailleurs matelot sur le bac d'Yainville, Emile Persil, fils du passeur de Jumièges, Victor Ernest Mauger, né en 1877 à Yainville, fils de feu Pierre et de Victoire Egret, matelot.
Au premier février 1897, toujours chez Petit, le capitaine est Emile Persil, le fils du passeur de Jumièges, matelots : Victrice Célestin Mauger, né en 1873 à Heurteauville, de Arthur Pierre et Victorine Labarbe, Louis Viger, natif de Villequier, Auguste Delafenêtre, né à Canteleu en 1877.
Au 4 janvier 1898, est propriété de Emile Ruault, passeur d'Yainville, né en 1868 à Moulinaux, de Jacques François et Marie Désirée Anquetil. Matelots : Adric Tocqueville, né à Caudebec en 1879, Louis Deconihout, né à Jumièges en 1831, Viger.
Au 1er janvier 1899, Ruault l'utilise pour le transport des passagers d'une rive à l'autre. Le second patron est Louis Deconihout. Matelots : Joseph Bonté, de Sahurs, Aldrince Tocqueville, de Caudebec.
 En 1900, Ruault a pour matelots Bonté, Viger et pour novice Alfred Levreux, né à Hauville en 1882.
En 1901, les matelots sont Bonté, Viger, Anfry Recloze, né au Mesnil en 1881, François Deshays, né à Jumièges en 1872.
Janvier 1902, matelots : Bonté, Alexandre Caudron, né à Saint-Ouen-du-Breuil en 1885, Louis Deconihout, Eugène Lechevalier.

Le Saint-Pierre, construit en 1865 à La Mailleraye, 19 tx, commandé en 1887, 1888, 1889 et 1890 par Philémon Caré, né au Trait en 1850. On y retrouve Joseph Beyer comme matelot en 90.

Voilà encore des noms liés aux carrières. On peut y ajouter celui d'Albert Colignon, carrier, retrouvé dans un acte d'état-civil.

D'autres navires à Yainville

Les carrières Sabatier, elles, ont un sloop, Le Virgile, construit en 1857 à Saint-Valery-en-Caux. 56 tonneaux.
En 1887, l'équipage est breton et commandé par Yves Gérard, de Plouézec. Navigue jusqu'à Brest
Il est commandé en 1889 par Auguste Sabatier né en 1841 à Jumièges avec à bord Taillandier, Michel Cotty de Plouézoc'h, Louis Gautier, Pierre Simon de Plouénan, Ernest Tranquille Mauger, autre patron et son frère Louis, matelot.
Il est commandé en janvier 1890 par Ernest Tranquille Mauger. Matelots : Louis Albert Sénateur Mauger, son frère, Hippolite Chouquet, Eugène Hardel, Henri Paysant.
1881 7P6_159 p 130.
Ensuite
par Louis Denonihout, né en 1866 à Jumièges. Le matelot est son père, Louis, né en 1831.


Auguste Sabatier commandait en 1889 le SH (Service hydrographique de la Marine), construit cette année-là à Duclair du port de 15 tx. Il appartient aux Pont &  Chaussées.

L'Albert Alphonsine, construit en 1870 à La Mailleraye, du port de 28 Tx, commandé par Pierre Athur Mauger en 1877.

Le Roberte-Jeanne, 30 tonneaux, construit en 1890 à Rouen, commandé par André Léveillard.
(7P6_165 p . 188).

Le bac n°2 construit en 1859 à Duclair, 5 tx, appartient en 1878 à Auguste Sabatier, patron avec Agnès.

Le passager du Trait. Deuxième du nom. Construit à Yainville en 1885. Non ponté. Propriété en 1898 de Ruault, le passeur du bac d'Yainville. Commandé par Gustave Savary, né à Jumièges en 1846. Matelot Saturnin Cabot, né à Vatteville en 1849. En 99 et 1901, Savary est seul.
Le navire est racheté à Ruault en 1903 par Lévesque, passeur d'Yainville. Il assure le passage du Trait avec deux patrons. Savary et Pierre Julien, né en 1849 à Jumièges.

Le Clémentine, bachot de 58,67 tx construit en 1889 à La Mailleraye, appartenant à M. Lefranc. Les patrons sont Pierre Leroux et Gustave Mauger en 1889. Le patron en 1890 est Gustave Mauger, né en 1858 à Jumièges, frère des précédents. Mousse : Gustave Chéron, fils du capitaine du bac d'Yainville, autres patrons à la part : Antoine Troudé, né en 1834 à Guerbaville, Louis Boucachard, né en 1864, à Saint-Pierre-de-Manneville, Hippolite Chouquet, né en 1854 à Honfleur, novices : Victor Baillemont, né en 1874 à Guerbaville, Pacifique Perdrix, né en 1875 à Caumont, matelot : Albert Auber, né au Trait en 1872.

Il poursuit mon grand-père
Dimanche 19 février 1893. Mon grand-père Henri Mainberte a 20 ans. Et il est l'un des patrons des gribanes Silvestre. Son mousse n'est autre qu'un cousin, Alphonse Acron, 18 ans. Quant au matelot, il s'agit de Pierre Paresy, la trentaine. Tous trois font main basse sur des cordages dans les carrières. Silvestre les assigne au tribunal correctionnel. Il sont condamnés le mercredi 15 mars 1893 à un mois de prison, sauf Acron, vu son jeune âge et les bons renseignements sur lui. On ne retrouve pas d'acte d'écrou de mon grand-père à Bonne-Nouvelle. Sans doute avait-il déjà purgé sa peine à la prison de Duclair. Il ne figure pas non plus dans les registres de l'inscription maritime. Sa carrière de marin a donc été brève.

Les naufragés de l'Emile 3


Dans la nuit du 1er juin 1893, à une heure du matin, la gribane Emile 3 est abordée par le steamer Count d'Aspremont. Le bateau anglais remontait à Rouen, guidé par le pilote Lemoine, de Villéquier. Le choc est si violent que la gribane, chargée de cailloux, coule immédiatement. David fit mettre aussitôt une embarcation à l'eau et des recherches furent menées durant une heure. Y avait-il du monde à bord du voilier ? On le craignait, car à l'arrière de la gribane était amarrée une barque de pêcheurs dont on ne retrouvait pas les propriétaires. Oui, il y avait bien du monde à bord. Deux jeunes hommes, un journalier et un matelot, le premier s'appelait Eugène Landrin, fils du patron de la gribane, l'autre Alexandre Nathil. On recherchait leur corps tandis que l'épave était renflouée. Le pilote Lecointe prétendait que le navire de Silvestre mouillait sans feux et caché par un bouquet d'arbre connu des marins sous le nom du Touffin. M. David, capitaine de Count-d'Aspremont affirmait en revanche que la gribane naviquait sous voile et éclairée. C'est du moins ce qu'écrivit dans un premier temps le Journal de Rouen. Courtier maritime, Henry Deshayes apporta un démenti. Dans son rapport destiné au consulat, David prétendait au contraire que la gribane était au milieu du chenal, tous feux éteints, dans un endroit très assombri. L'homme de bossoir ne la vit qu'au dernier moment. On retrouva finalement les corps quelques jours après la collision et ce fut l'inhumation. Les victimes, pensait-on, auront été surprises durant leur sommeil.

L'enquête établira que le navire de Silvestre avait alors ses feux réglementaires et navigants.

Disparition prématurée

Photo: Marc Ribès Ainsi s'acheva la carrière de Silvestre. Mal. Admis à l'Hôtel-Dieu de Rouen, il meurt le lundi 2 avril 1894, 17h. Il n'avait que 56 ans.

Le lendemain, à 15h15, deux hommes demeurant au 51 de la rue de Lecat, l'adresse de l'Hôtel-Dieu, vont déclarer le décès à l'hôtel de ville de Rouen. Il s'agit d'Honoré Vasseur, 55 ans, inspecteur et de Désiré Brisis, dépensier, 29 ans. Carpentier, l'adjoint, enregistre leur déclaration.

Les obsèques auront lieu à Yainville le jeudi. Le Journal de Rouen en fit ainsi la relation.

La commune d'Yainville vient de faire une perte irréparable dans la personne de son maire, Monsieur Silvestre, entrepreneur de travaux publics, délégué cantonal.
Ses obsèques ont eu lieu jeudi au milieu d'une affluence considérable. Non seulement toute la population avait tenu à rendre hommage à l'homme de bien qui, depuis dix-huit ans, administait la commune, mais encore de nombreux amis venus des communes voisines et de tous les points du département témoignaient par leur présence de l'estime et de la sympathie qu'avait su inspirer celui dont la commune déplore la perte.

Les cordons du poêle étaient tenus par MM. Le Bon, député ; Renaud, chef de division, représentant spécialement M. le préfet de la Seine-Inférieure, empêché par la cession du Conseil général ; Guiard, ingénieur en chef et Dupont, ingénieur des ponts et chaussées ; Cusson, inspecteur primaire ; Morel, président du Comité républicain, du canton et Duval, doyen des ouvriers.

Parmi les personnes présentes, on remarquait les maires et les instituteurs des communes du canton, les membres de la délégation cantonale.


Le char, insuffisant pour recevoir les couronnes, était précédé d'une civière qui en était couverte. La magnifique couronne offerte par les ouvriers était portée par deux de leurs délégués.

   
Profané !

Durant la seconde guerre mondiale, la tombe d'Emile Silvestre fut profanée. Sans doute pensait-on y trouver quelque richesse. Mon père, Raphaël Quevilly, était alors élu d'Yainville et se chargea de la dépouille. Emile Silvestre, racontait-il souvent, était dans un étonnant état de conservation. Peu de temps après, il était liquéfié...

Sur la tombe, M. Costé, adjoint, profondément impressionné, a rappelé à la mémoire de tous les services qu'a rendus M. Silvestre à la population d'Yainville. Dans une improvisation élevée et touchante, M. Lebon, député, a retracé le passé de M. Silvestre qui fut un républicain de la première heure, il a envisagé son rôle philantropique, et dans une émouvante péroraison, il a associé à celui de son mari le nom de Mme Silvestre qui fut pour lui une collaboratrice dévouée et discrète dans l'œuvre qu'avait entreprise M. Silvestre pour le soulagement des infortunés de la commune.

Puis, après un hommage rendu par M. Morel à son regretté vice-président, un élève de l'école primaire a exprimé dans une forme simple et naïve, la douleur que cause aux enfants du pays la perte de leur bienfaiteur.

Cette cérémonie profondément touchante laissera dans l'esprit de la population d'Yainville un souvenir ineffaçable de l'homme de bien qu'elle vient de perdre et qui ne pourra être remplacé.

Patrice Costé succéda à Silvestre dans le fauteuil de maire. Costé habite près de Claquevent, dans la ferme où s'implantera plus tard la savonnerie. C'est aussi un entrepreneur avec un commerce de sable et de caillou... Le 31 décembre 1894, la mairie de Rouen rédige une copie de l'acte de décès destiné à celle d'Yainville. Celui-ci ne sera retranscrit que le 20 février 1895.

La veuve Silvestre poursuivie
10 mai 1897. Eléonore François Carron, 42 ans, est ouvrier carrier à Claquevent et demeure au Trait. vers quatre heures de l'après-midi, il s'écarte de ses compagnons. Qui ne le reverront pas vivant. Vers 7h du soir, Edmond Carpentier, ouvrier carrier à Yainville et Philémon Caré (Taré?), batelier au Trait, retrouvent le corps de Carron. Un bloc de 2 m3 lui a écrasé la tête. Ce que constatera le Dr Allard, de Duclair.
Le lendemain 11 mai, à midi, la veuve Silvestre déclare l'affaire à Patrice Coste en mairie. "L'accident parait être dû au déplacement d'une grosse pierre que le sieur Caron a voulu casser seul alors que ses compagnons étaient à 300 m de là... " Ce qui est contraire aux habitudes. Il n'y a pas eu de témoins.
La responsabilité de la veuve n'est donc pas engagée. Mais l'enquête administrative révèle en revanche des irrégularités dans la carrière: absence de clôture, défaut de déclaration. Des poursuites sont demandées...

Près de la salle des fêtes, la maison Silvestre, faite de quatre logements ouvriers.

 
Avec cet accident, la veuve Silvestre mit fin à sa carrière... de carrière. En quittant Yainville pour Duclair, elle légua à la commune les quatre maisons ouvrières situées au bourg mais aussi deux autres bâtisses et  une somme de 2.000 F. De l'argent allait encore à l'école, au bureau de bienfaisance et à l'entretien du monument funéraire de son mari. Le testament fut passé en 1905. Elle mourut en 1907. Ma tante Marie-Louise disait avoir connu Mme Silvestre lorsqu'elle habitait encore sa belle maison blanche, à la carrière. Elle se souvenait aussi que les Baron "vivaient dans l'ancienne maison du sous-directeur, rouge celle-là. Les Baron tenaient un café à Rouen où s'était déroulé un drame. Depuis, Mme Baron nourrissait une peur maladive des hommes."

Le panneau des établissements Silvestre étant décroché, on le remplaça alors par celui des sieurs Guibert et Lamy...


En 1907, Mme Silvestre était toujours présidente d'honneur de la société de secours mutuels d'Yainville. Eugène Guibert était son vice-président.

En 1908, la municipalité vota un crédit de 10F pour un service religieux à la mémoire de Mme Silvestre.



LIENS




Sources


Jean-Yves et Josiane Marchand, archives départementales. Cotes: 3S115, 8S45. Journal de Rouen.
Délibération du conseil d'Yainville numérisés par Edith Lebourgeois et retranscrits par Laurent Quevilly
Jean-Pierre Derouard pour deux plans de carrière.



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