Les années 60

Je n'ai pas le souvenir d'une scolarité maternelle. Ma carrière scolaire débuta officiellement le 1er octobre 1957, lorsque Mme Hamel m'attribua mes premières notes de CP. Je m'en souviens comme de quelqu'un de très doux. Elle applique de grands tampons bleus dans les pages de nos cahiers pour nous apprendre à lire, écrire, compter.

"Elève intelligent mais souvent distrait et bavard". Nous sommes plus de 30. Andréa Mainberte, ma mère, signe mon cahier du jour d'une écriture légère.

Ma mère est alors malade. Très malade. Madame Hamel me fut d'un grand réconfort. Mais mes résultats scolaires ne furent guère brillants. En témoigne ce bulletin de distribution des prix pour l'année 57-58: 23e prix de classement. Mais après tout nous sommes nombreux. Jusqu'à 46 !

J'étais alors attifé comme l'as de pique. Habillé des héritages de la génération précédente. A chaque récré, les filles, menées par une dénommée Micheline, du Trait, formaient autour de moi une ronde ironique en chantant "Capitaine soulier".

L'année se termine par cette sentence: "Laurent manque d'attention, ne termine aucun exercice, est indiscipliné et bavard. Cela est regrettable car il est intelligent et capable de bien faire."


A la rentrée de 1958 nous vint un nouvel instituteur: Monsieur Charon. Blouse bleue, coupe à la brosse. Il venait d'épouser la jolie Mademoiselle Adam qui s'occupait des petits. La préférée de tous. 

Bernard Charon est né au Tréport en 1937. Son grand-père maternelle, Charles Fromencourt, souffleur de verre à la Verrerie neuve avait créé un syndicat affilié à la CGT. Bernard Charron enseigna aux CE1 dans une pièce située à l'arrière de la salle des Fêtes, hors du périmètre scolaire, donc.  Ce qui pouvait donner l'impression d'une école buissonnière. J'ai de vagues souvenirs de cette classe. Y suis-je jamais allé ? Car les événements se sont malheureusement précipités...


Andréa Mainberte, ma mère, rendit son dernier soupir le 22 septembre 1958. J'allais être ballotté de droite et de gauche. Je fus recueilli un temps chez une tante, à Ouerray, dans la Beauce et j'allais fréquenter l'école d'Amilly. Je crois que mon année scolaire fut partagée entre celle-ci et Yainville si bien que ma mémoire me fait défaut. 

En 58-59 les classes étaient les suivantes :

classe enfantine : Mme Charon Odile (45 élèves).
CP : Mme Hamel (près de 40 élèves)
CE1 : Bernard Charon (34 élèves).
CE2-CM1 : Mlle Naudoux
CM2-FE : M. Henri Marcilloux
CM2-FE : Mme Josette Claudet

 

Les souvenirs de Bernard Charon

J'ai exercé à compter de la rentrée d'octobre 1958, effectivement dans la toute petite pièce située à l'arrière de la salle des fêtes. Il me semble que j'y suis resté deux années. Nous y étions très à l'étroit. J'avais 34 élèves en 58-59. L'hiver, le froid était excessif. C'est le garde-champêtre de l'époque qui mettait en fonction le seul radiateur électrique qui s'y trouvait, à 8 heures le matin. Un matin, justement, lorsque je suis arrivé il faisait 4° dans la pièce. Il devait être 8 heures 05. J'ai pu alors obtenir un second radiateur (soufflant celui-là). Mais il faisait très froid. La température, certains jours, n'a pas dépassé 12 degrés malgré l'utilisation des deux radiateurs. Les élèves et moi-même gardions nos vêtements sur nous. Je crois qu'après deux années, je suis arrivé - avec le CE1 - dans le préfabriqué construit dans la cour de l'école de filles. Peu de temps. Car Melle Naudoux est partie définitivement. J'ai alors pris en charge (fin octobre je crois) le CE2 - CM1 (pièce qui doit servir de bibliothèque désormais). Les effectifs de cette classe ont atteint, une année, 52 élèves. Or, il n'y avait .... que 50 places. Heureusement, M. Marcilloux m'a pris trois élèves. Deux fillettes, orphelines de mère, placées provisoirement à Yainville, sont parties définitivement fin janvier. Un garçon est parti dans le courant de l'année (déménagement). J'ai donc achevé l'année avec 46 élèves ... et sur les "rotules".
Bernard Charon -Jumièges


A la rentrée de 1959, j'ai suivi l'enseignement de Mademoiselle Naudoux, une grande brune à cheveux courts très vite surnommée "la police montée". Car la pédagogie de l'époque faisait appel à des méthodes aujourd'hui proscrites: vous ne saviez pas vos leçons sur le bout des doigts ? Eh bien c'est à ce même endroit que s'abattaient les coups de règles. Ce qui ne faisait pas rentrer plus facilement la table de 9. On avait aussi l'art de vous tirer une mèche de cheveux près de la tempe. C'était comme ça...

Le château de Chambord figure sur la couverture de nos cahiers. D'autres sont à l'effigie de la Normandie et viennent de la maison Delamare, d'Yvetot, qui imprime aussi la petit fiche collée dans les livres de la remise des prix. 

Les buvards sont rosâtres. Certains ont des modèles fantaisie. 


Alors qu'il était président du conseil, Mendès-France avait instauré en septembre 1954 la distribution de lait dans les écoles. La campagne avait plusieurs objectifs: offrir un apport nutritionnel, prévenir de l'alcoolisme, écouler la surproduction... Chaque après-midi, dans le couloir, on distribuait toujours à chacun un grand verre de lait chaud. 

Les résultats étaient sanctionnés d'un bon point. Dix bons points, et c'était une image. Je n'ai jamais pu débuter une collection. L'élève modèle reçoit pour cadeau familial une boîte de compas. Voire un dictionnaire. Notre major de promo se flatta un jour de son Noël: une bible. Ce qui ne nous encouragea pas à redoubler d'efforts. A l'arbre de Noël de l'école comme à la remise des prix, Gaston Passerel prononce un interminable discours d'une voix chevrotante, embrouillé dans ses papiers. Ce qui nous fait pouffer de rire. Mais on l'aime bien, Monsieur Passerel. Choisi sur un polycopié à l'écriture bleue, le cadeau de Noël des enfants des écoles est invariablement accompagné de deux friandises: une grosse orange à la peau épaisse comme on n'en a jamais à la maison. Et puis un bâton de sucre d'orge enveloppé d'un papier jaune et sur lequel figure la tour Jeanne d'Arc. C'est nous qui assurons le spectacle. Nous n'avons d'yeux que pour les filles, courtes vêtues dans des habits de papier vert et décrivant des grâces sans se soucier des garçons. Quoique…

Isabelle et Didier Pourhomme,  Laurent Quevilly.

A la remise des prix, on reçoit de volumineux livres brochés: Les contes de Perrault, Amanda la petite couleuvre, Sindbad le marin pour les petits... Le dernier des Mohicans, La prairie, de Fenimore Cooper, pour les plus grands. Je n'en reviens pas avec une brouette...
Le passage du Certificat d´Études Primaires se déroulait à Duclair avec cette question: qui allait être premier du Canton? On allait aussi à Jumièges.

Le 11 mai 1960, tous les élèves furent réunis dans une grande salle de la nouvelle école des filles, récemment inaugurée, pour voir à la télévision le lancement du paquebot France à Saint-Nazaire. Il y avait De Gaulle, des ouvriers qui travaillaient au chalumeau...

  

C'est la récré !

La récréation était le grand moment de défoulement. On avait encore des osselets en poche, une toupie, des billes en terre cuite, mieux, en verre, une agate ! Le chat perché et la balle et au chasseur étaient des grands classiques. Mais de nouveaux jeux bien plus modernes déferlèrent sur la cour. Comme ces petites fusées en plastique dans la tête desquelles vous glissiez une amorce. Le jeu consistait à lancer l'engin en l'air. Quand son nez touchait le sol, c'était la déflagration. De préférence dans les talons d'un copain, histoire de lui faire danser la gigue. Il va sans dire que tout cet arsenal fut vite confisqué. Par poignées, Monsieur Charron glissa ses prises de guerre dans le tronc creux d'un arbre de la cour. Malgré nos contorsions, nous ne pûmes jamais récupérer ces lourds investissements opérés à l'épicerie. Mais si ce platane n'a pas été abattu, nos missiles y sont peut-être encore!

La cour fut une autre fois envahie par des crickets. De petits insectes en métal à l'intérieur desquels une languette de métal faisait un bruit infernal sous la pression du pouce. Il apparu après le succès du film "Le jour le plus long". Cette invasion de crickets fut modérément appréciée du personnel de l'Education Nationale. Il arrivait que si vous glissez la main dans votre poche, l'animal se mette à chanter machinalement en classe. Le coin, vous connaissez le chemin. C'est près du tableau. 

Puis vint le temps des parachutes. Tout le monde avait son petit parachute avec son soldat au bout et que l'on catapultait à l'aide d'une fronde. Forcément, ils finissaient par s'accrocher aux branches. La cour, c'était Sainte-Mère-Eglise! Des bataillons complets pendouillant piteusement. L'instituteur contemplait cette armée vaincue avec un sourire satisfait. Ce qui renforçait en nous un sentiment de défaite.

 Il y a eu aussi les volants. Un manche en bois, une ficelle à dérouler plusieurs fois, et le rond de plastique s'envolait pour finir tout droit son odyssée dans la gouttière. Une autre mode, c'était le cadeau Bonux. Une petite brosse à cheveux, elle aussi en plastique, et dotée sur le dos d'un miroir rectangulaire amovible. Ce miroir, nous le lacions à l'avant de l'un de nos croquenots. Sur la cour, un cabinet était-il occupé ? Nous glissions le pied sous sa porte en orientant le miroir pour capter l'image de l'usager en pleine méditation. C'était à coup sûr un cri retentissant. 

Un jour, un occupant mit au point un redoutable système de défense. Dessous la porte nous apparut la main crispée d'une horrible sorcière. Un à qui on ne la fait pas m'expliqua qu'il s'agissait d'une patte de poulet actionnée par le tendon.  N'empêche, ça fout la trouille. Parfois, nous allions observer les quilles par-dessus la haie de troènes. Sans aucun succès. Les grands occupaient toute la moitié de la cour pour des parties de foot acharnées. Les gars du haut contre les gars du bas, entendez par là ceux de la cité et ceux du village. Mais nous en étions déjà à fumer la première Gauloise dans les waters. Piquée dans le paquet de tante Hjoerdis. On avait beau tirer à quatre dessus, ça vous foutait le cul par terre.

Dans la classe de Monsieur Charron

" En fin de matinée, vers 11h30, nous sortions de l'école et tu machonnais un crayon à papier. Un plaisantin t'a bousculé et la mine s'est enfonçée dans ton amygdale. Un jour, en classe,  Marcel Cabin  en a fait voir à Monsieur Charron et a refusé de sortir. M. Charron l'a traîné avec le bureau double car il avait coincé ses jambes et ne voulait pas obéir. Cela a mis un peu la pagaille pendant quelques secondes ... As-tu été en classe sous la salle des fêtes? Avec le placard du fond où l'on mettait les punis ?" 

(Message d'une internaute)

Vive le roi !

Le 25 septembre 1962, le roi de Norvège, Olav V, lors d'un voyage officiel qui l'amena jusqu'à Rouen, poussa jusqu'à Yainville pour déjeuner chez Mustad. Munis de drapeaux norvégiens, les écoliers dont j'étais se massèrent sur son passage comme pour le tour de France... Le pourquoi de cette visite privée? La soeur de Mustad était l'épouse du meilleur ami du roi.


 "Bouboule..."

Me voilà déjà chez les grands.. Petit, râblé, Henri Marcilloux a le teint mat et brillant. Il inspire à ses élèves un mélange de crainte et de respect. Sous le manteau, ils le surnomment "Bouboule". Dans son immuable blouse grise, Monsieur Marcilloux est le type même du hussard de la République. Socialisant. Exigeant. Chez lui, le mot citoyen a un sens. Incompatible avec l'indigence intellectuelle. Il est aussi secrétaire de mairie. C'est le gardien du temple de la laïcité. On s'époumone debout sur la Marseillaise et le Chant du départ. Quand nous chantons "nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n'y seront plus", on pense confusément aux falaises de calcaire du bord de Seine. Et l'on se demande bien ce qu'y font nos grands frères. Les leçons de choses s'illustrent parfois d'expériences scientifiques. Comme la séparation de l´oxygène et de l´hydrogène. On nous enseigne le système des poids et mesures à l'aide du mètre étalon, de la balance Roberval, de la balance romaine. Parfois, trouée de ciel bleu entre les tables de multiplications annonées chaque jour, Monsieur Marcilloux branche cérémonieusement son petit poste de radio pour capter le programme scolaire. Peu porté de sa personne sur l'éducation musicale, il lui arrive même de mettre un disque: Sonate au clair de lune... Un bonheur. Plus tard, en cachette, je suis revenu réécouter Beethoven sur le vieux Topaz de la communale avec la complicité de Thierry Phanise, le fils du nouveau directeur. Sonate au clair de lune...

La culture physique se déroule hors de l'école, sur la fameuse sente, derrière la salle des fêtes. Course d'endurance, pointe de côté, saut en hauteur, grimper de corde. Je ne pense pas avoir jamais dépassé les 50 cm d'ascension. Chaque matin, après une courte récré, il nous faut nous mettre en rang au coup de sifflet. Puis pendre son paletot dans le couloir à la rangée de portemanteaux. Il y a là une grande armoire vitrée avec quelques pierres fossiles et surtout cette horrible vipère qui baigne dans son formol. A tour de rôle, l'un d'entre nous est chargé de remplir les encriers de porcelaine à l'aide du bec verseur de la bouteille. J'en fous partout. Si vous voulez vous montrer malin, il suffit de mettre un peu de craie Robert dans l'encrier de la victime de votre choix. Il aura beau s'appliquer, son porte plume ne tracera qu'une écriture fadasse, illisible. C'est encore l'ère des portes plumes en bois. Le maître distribue les plumes sergent-major avec parcimonie. Gare à vous si vous avez cassé la vôtre en chahutant. Une plume est une plume. On fait aussi ses calculs sur l'ardoise à l'aide d'un porte-mine avec sa petite bague dorée. Une éponge mouillée efface nos erreurs. Tout cela sent bon. La classe embaume l'encaustique. Les pupitres sont à deux places, en bois. Sur la cour des grands, en 58, on parlait de la coupe du monde, de Kopa, Fontaine, du Real de Madrid.... Puis vinrent les premiers téléviseurs. Le lundi matin devint un rite. Ceux qui avaient la télé commentaient le film du dimanche soir. Ceux qui ne l'avaient pas faisaient semblant de l'avoir vu. C'était mon cas. Le vendredi, on parlait de Davy Crockett, Ivanohé, La flêche brisée, les feuilletons de l'époque. Puis Zorro est arrivé.


Un lundi, la conversation fut bien plus grave. Le grand frère de notre copain Alain avait reçu un ballon dans le ventre, la veille, sur le stade. Il était mort sur le coup.

Au fond de la classe, tout seul, un grand poursuit ses études au-delà de la 7e. Le chouchou. On le regarde de travers. De la forêt, il a ramené et sculpté pour le maître la baguette de coudrier qui lui sert à mener son dur et glorieux combat contre l'ignorance. Fayot! Dans notre immense mansuétude, on lui pardonne volontiers. Pas loin de lui, près de la porte d'entrée, il y a un grand meuble en forme de piano droit qui renferme toutes ces cartes de géographie que le maître accroche au tableau. La France agricole, les fleuves qui prennent tous leur source au Mont-Gerbier-des-Joncs pour vous rapporter un zéro comme la tête à Toto. 

En 1963, il se produisit un événement considérable pour notre village. Avec la fin de la guerre d'Algérie, foule de rapatriés, agents EDF, arrivèrent à Yainville. En nombre. Si bien que notre accent normand se teinta soudain de celui de "là-bas". Les mots nique, zep, mouk entrèrent en force dans notre vocabulaire. "Rapatriés, rapatriés, maugréaient quelques-uns dans le village, aucun d'entre eux ne porte un nom français!" Ils s'appelaient Pascuale, Ribès, Pérez, Pastor... A l’école, le maître prit soin d'asseoir un Normand près d’un Pied-Noir à chaque pupitre. Précaution inutile. Ou efficace. Je ne sais plus. Il n'y eut en tout cas aucun conflit entre ces deux cultures. Une belle fusion tout au contraire. Si bien que mon cœur battit la chamade pour une douce brune, native de Constantine…

A l'arrivée des blouses en nylon, des porte-plumes ergonomiques et des stylos Bic, le portrait scolaire évolue encore. On pose cette fois au fond de la classe, sur fond de carte de géographie. 

(Laurent Quevilly, année scolaire 62-63).

Marcilloux nous apprend Prévert: L'enterrement d'une feuille morte. Prévert que je vais dévorer lorsque j'aurai 20 ans. Nous récitons aussi "Le temps a laissé son manteau de vent de froidure et de pluie". Après? Après, je ne sais plus. Monter sur l'estrade m'évoque l'ascension de Robespierre à l'échafaud. Une fois, une seule, je ne sais par quel éclair de lucidité, j'ai terminé second de ma section. Sentencieux, le maître sermonna l'éternel premier de la classe. "Te rends-tu compte que tu as failli te faire dépasser par lui!" Au dernier rang, je me suis alors replongé dans la lecture clandestine de Tintin. J'ai repiqué ma 7e, raté lamentablement le certif que je suis allé passer à Jumièges. Avant d'entrer en 6e. Avant de quitter plus tard la Normandie. Mais je me souviens que lorsque nous en avons fini de la communale, Monsieur Marcilloux nous offrit chez lui le traditionnel pot d'adieu. Je garde aux lèvres le goût d'un jus de raisin qui ressemblait à du vin. Il eut, je crois, un mot gentil pour moi. Le seul. Mais c’était le mot de la fin. Comme un encouragement pour la suite après toutes mes année dans la lune. Avec Tintin. Il prit sa retraite rue Sous le val et fut élu maire. 

LE DERNIER HOMMAGE

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Le samedi 27 juin 1987, M. Marcilloux fut promu officier des Palmes académiques. L'occasion de réunir autour de lui d'anciens élèves. 

Charles Carré, le conseiller général, est là: "Vous avez su éveiller les intelligences, préparer les esprits critiques, analyser, discerner, répudier toutes les formes d'intolérance, faire aimer le travail bien fait, apprendre l'habitude de l'effort, pratiquer la solidarité, acquérir les connaissances de base pour réussir dans la vie d'adulte." Pouvez-vous mettre des noms sur ces visages ?

Le même jour, sur la scène de la salle des fêtes, les Palmes académiques allèrent à Mme Claudet: "Aujourd'hui, les rôles sont inversés. Je me vois attribuer mon prix, récompense de mon travail, de ma foi en mon métier, métier difficile et enrichissant... Animer la bibliothèque de Yainville est en effet pour moi un moyen de rester en contact avec les enfants."

Josette était ma plus proche voisine. Elle me donna chez elle des cours particuliers de mathématiques qui ne parvinrent pas à retenir mon attention. Sa fille jouait si bien du piano...
En trente ans, je n'ai revu Monsieur Marcilloux qu'une seule fois, comme ça, rue Sous-le-Val, devant chez lui. Il eut l’air un peu gêné. Moi aussi sans doute. En 1990, dans l'église pentue de Jumièges, je suis allé à ses obsèques.


Vous pouvez retrouver  plusieurs photos de classe dans notre rubrique VOS PHOTOS



            A vous d'écrire la suite 







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