Depuis le XIXe siècle, le café de l'Eglise dresse ses briques rouges face à l'église d'Yainville. Mais peut-être existait-il ici un café bien avant.


Dans les années 1900, le café est tenu par ma grand-tante, Marguerite Mainberte, épouse Henri Bruneau qui, lui travaillait chez Mustad. Le couple édita une carte postale. Henri est mort durant la Grande  guerre.


Ces deux images sont prises, l'une avant, l'autre après l'édification du monument aux morts.
Le café fut longtemps propriété de M. Benard, qui était par ailleurs cultivateur à Yainville. En mars 1903, il suivait la route de Duclair, conduisant une voiture attelée de deux chevaux, lorsqu'on arrivant au hameau de la Fontaine, son attelage fut heurté par une autre voiture attelée d'un cheval. M. Benard descendit et aperçut un homme étendu sans connaissance sous les pieds du cheval du véhicule qui venait de le heurter. Il le releva et le déposa sur l'accotement de la route, puis continua son chemin.
Le blessé a été trouvé quelque temps après. par un cavalier du 9e cuirassiers venant en permission dans sa famille, qui le reconnut pour M. Edouard Jeanne, âgé de 65 an, cultivateur à Saint-Martin-de- Boscherville. Il le fit monter dans sa voiture restée sur la route et le conduisit à son domicile. M. Jeanne a le côté gauche de la tête assez fortement abimé.
(La Vigie de Dieppe).

Au café de l'église se déroula un fait divers étonnant.
En juillet 1932, M. Bénard fêteici  la communion de son fils. On sert du poisson à la famille assemblée. Le lendemain, les restes sont proposés aux 22 convives. Avec de la mayonnaise. 19 y goûtent. Ils sont tous hospitalisés ! Pire : une jeune Pavillaise décède...

Marie Chéron, une autre grand-tante, avait repris le café du Passage, près du bac d'Yainville, tenu par ma grand-mère, Julia Chéron. Elle ajouta à son actif le café de l'Eglise qui fut tenu aussi par sa fille à l'enseigne de Macchi.
La famille Chéron loua ensuite l'établissement à Armand Greux . On voit sur cette carte postale le père Lévêque, ancien maire rad soc d'Yainville, affublé d'une jambe de bois et qui vivait en bas de la ruede la République.
Puis le café fut loué à Roger et Jeannette Andrieu, de Marseille. Jeannette avait été une amie d'enfance d'Yves Montand. Elle racontait que la mère du  jeune Yvo Lévi criait dans l'escalier avec l'accent méridional : "Yves ! Monte...an ! Monte... an !" Et c'est ainsi qu'il aurait choisi son pseudonyme. Quand Montand passa à l'Omnia de Rouen, Jeannette alla au concert et lui fit passer un mot. Il la reçut dans sa loge en tombant dans ses bras. Roger introduisit la pétanque à Yainville. Un contorsionniste ! Derrière son comptoir, je l'ai vu se toucher le nez avec son pied.  Nanti d'une telle souplesse, il m'a facilement vengé d'un type du Trait qui m'avait fait un œil au cocard dans le café. On y fit des parties de baby-foot mémorables en glissant 20 centimes dans le juke-box. Michèle, la fille de la maison, était un rayon de soleil.

C'est en 1973 que, représentant de commerce, Norbert Mauger reprend le café de l'Eglise. Il préside le club de la Pétanque yainvillaise durant 10 ans puis devient président du comité des fêtes. Il met aussi sur pied une quinzaine commerciale en 1983. Cette année-là, en mars, il est élu conseiller municipal. Il se chargera des travaux, du logements des sports et des loisirs et des jardins fleuris. Norbert Mauger représente aussi Yainville au Sivom et au syndicat de ramassage des ordures ménagères. Il est mort brutalement.



Le café s'est appelé un temps l'Embuscade puis le Relax.

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