Charles Lesain ! Il hérita d'un vieux cousin qui voulait sauver l'église d'Yainville. Lui, il fera tout pour la détruire. Mais elle fut épargnée. Quand il mourut à son tour, il laissait deux héritiers...

De son vivant, Charles Lesain eut des libéralités pour ses enfants. Il évita le service militaire à son fils François Victor en finançant son remplacement. Quant à sa fille, Rosalie Adélaïde Armantine, elle fut dotée de 25.000 F le jour de son mariage.

1864. Le 16 juin comparurent devant maître Bicheray, notaire à Jumièges, les deux héritiers de Charles Lesain qui se partagèrent ses biens. François Victor, propriétaire et cultivateur à Yainville récupérait le manoir derrière l'église et ses dépendances. Le reste du domaine allait à Rosalie Adélaïde Armantine, épouse de Joseph Marie Alexandre Lepage, propriétaire et ancien notaire. Le couple habitait alors à Rouen, 61 rue Beauvoisine.


En 1865, François Victor réédifia le manoir d'Yainville sur ses anciennes caves voûtées.

1872. Le 20 octobre, devenue veuve, Rosalie se faire représenter chez Maître Bicheray par Auguste Victrice Savalle, clerc de notaire à Jumièges. Ce jour-là, elle vend sa part par adjudication. Et sa part consiste en un verger où s'éleve une maison et tous les bâtiments nécessaires à une exploitation agricole. Ce bien a été acquis 24.000 F par Charles Lesain le 31 décembre 1844 d'Armand Théodore Lemichel, demeurant 179 rue Beauvoisine. Lui même le tenait de Léonore Dominique Lemichel, mort à la même adresse le 18 juin 1827. Outre l'exploitation, diverses parcelles de terres s'étendaient à Port-Yainville ou encore au triage du Moulin. Ce fut Charles Sosthène Sabatier, propriétaire et entrepreneur des Ponts & Chaussées demeurant à Yainville qui se porta acquéreur.

1873. Le 18 février, Savalle représente encore Rosalie chez Bicheray mais elle habite cette fois au 2 de la rue Etoupie, à Rouen. On confirme la vente à Sabatier. Une carrière ouverte jouxte la maison. Différentes pièces de terres courent jusqu'aux Fontaines.
 
1877. Chez Maître Peschard, Valentin Albert Prunier, propriétaire et clerc de notaire à Jumièges, représente Sabatier, résidant alors à Londres. Depuis le 1er février 1874, c'est Auguste Edmond Sabatier, cultivateur à Yainville, qui jouit des biens acquis par son homonyme. Ce jour-là, il résilie son bail mais garde des droits d'extraction dans la carrière.

1887. François Victor Lesain, époux de Zoé Céline Marie Louvet, vend la ferme-manoir d'Yainville à Jacques Henri Dupasseur; propriétaire, demeurant 34 rue Godot-de-Mauroi, à Paris.


1888. Dupasseur signe un bail avec Emile Carpentier. La ferme-manoir d''Yainville se compose comme suit :

La maison d'habitation couverte en ardoise.
Une grange dans la cour vers le sud couverte en ardoise.
Un poulailler et une grande charretetterie couverte en paille.
Une écurie avec grenier à blé couverte en ardoise.
Une grange et pressoir couverte en paille et en ardoise.
Un four couvert en tuile.
Une étable à porc couverte en paille.
Divers bâtiments autrefois à usage de bergerie et carretterie.
Le tout planté et clos sur trois hectares avec un puits.
D'autres pièces de terres complètent l'ensemble.


Dupasseur ne reste pas longtemps propriéraire des lieux. Il décède le 28 décembre 1888. En 1891, sa veuve, remariée au peintre parisien Maurice Ray, vend la ferme aux Denomaison, famille bourgeoise de Rouen. Le couple Ray garde pour son usage des pièces de terres...

Laurent QUEVILLY.

SOURCES
Dossier Lesain, archives départementales, cote 3M1472. Recherche et numérisation : Josiane Marchand, transcription : Laurent Quevilly.

Délibérations du conseil municipal d'Yainville : scans en mairie d'Edith Lebourgeois. Transcription : Laurent Quevilly

Baux du manoir d'Yainville, recherche et numérisation : Josiane et Jean-Yves Marchand, transription: Laurent Quevilly.




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