Coulée en 44, la vedette qui servit de bac à Yainville a été retrouvée. Mieux : elle fait son entrée au musée du château du Taillis.

La bataille de Normandie se termina sur les rives de la Seine. Des dizaines de milliers de soldats allemands tentèrent alors de fuir l'avancée des Alliés. Mais les ponts, les bacs détruits ralentirent leur retraite. Pendant plusieurs jours, les avions et l'artillerie pilonnèrent ces troupes hirsutes  massées au bord du fleuve, causant des pertes très importantes en hommes et en matériels.

A Yainville, des bombardements intensifs eurent lieu les 28, 29 et 30 août. Une bombe éclata dans l'une des cheminées de la centrale électrique. D'autres occasionnèrent de nombreux dégâts. notamment sur la cité des cadres. 

Dans leur débâcle, les Allemands sabotèrent plusieurs alternateurs et transformateurs. Il faudra six mois pour remettre la centrale en état.


Matériel allemand après les bombardements d'août 44 près du bac d'Yainville.


Cadavres de chevaux sur les rives d'Yainville.

Découverte inattendue

Et voilà qu'en août 2013, des épaves, notamment une vedette ou encore un caisson d'artillerie russe, sont relevées non loin des bacs de Yainville et de Jumièges par la société ETPO (Entreprise de Travaux Publics de l'Ouest). Celle-ci opérait sous maîtrise d'oeuvre du Grand Port Maritime de Rouen dans le cadre des travaux d'approfondissement du chenal de la Seine.

Alerté, Nicolas Navarro, conservateur du musée Août-44 se rend aussitôt sur place et a reconnaît en la vedette remontée des eaux celle qui servait de bac à Yainville. Petit retour en arrière...

Le naufrage du bac

En 1942, Maurice Raubiet vint seconder Bernard Chéron comme capitaine du bac d'Yainville. Puis vint 44. Les avions alliés qui pilonnèrent la centrale prirent également le bac pour cible. Il s'agissait de contrarier le repli des Allemands. Ce jour-là, c'est Maurice Raubiet qui était de service. "Le bac, raconte son fils, alla par le fond au niveau du café du Passage. Un Allemand fut tué, le patron du bac blessé à la jambe par un éclat d'obus. Ce fut le père Thiollent, paysan du bas de la côte Béchère, qui le ramena dans un fauteuil roulant jusqu'à sa maison du Vieux-Trait."

"Dans les mois qui suivirent, le bac étant hors service, on usa d'une vedette mis à disposition par le port autonome de Rouen." C'est cette vedette qui figure sur la carte-postale ci-dessus. Et c'est manifestement cette vedette qui a été renflouée. 

Maintenant la question se pose. Quel jour et dans quelle circonstance a-t-elle été coulée. Si quelqu'un peu nous éclairer à ce sujet...


Au musée du Taillis

Les objets repêchés ont été soigneusement préservés par le service Ateliers et Dragages du Grand Port Maritime de Rouen, en coopération étroite avec la Direction régionale des Affaires Culturelles de Haute-Normandie. 

Ces épaves, Haropa-Port de Rouen, les confie à un lieu de conservation privilégié de la mémoire de cette bataille : le Musée Août 1944-L'Enfer sur la Seine, au château du Taillis, à Duclair. Ce sera le lundi 25 novembre à 14 h 30. Un camion porte-chars et camion-grue sont mobilisés.


Sur la cale du bac Yainville-Heurteauville, le passage des troupes alliées en 44 après la débâcle allemande...

 

Sources

Nicolas Navarro, conservateur du musée Août 44, château du Taillis.
Pierre Raubiet, fils de Maurice Raubier.
Rédaction : Laurent Quevilly.

Pistes de recherches : les délibérations du conseil d'Yainville  et le journal de Rouen contiennent sans doute la réponse...





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