Par Laurent Quevilly.

Mais où donc était la mairie d'Yainville en 1885 ? Et son presbytère ? Et puis son école ? On peut s'en faire une idée grâce au plan réalisé par le sieur Fouché.


Dès 1865, 
le baron Eugène Leroy étant alors sénateur-préfet du Département, le sieur Fouché, agent-voyer en chef de la Seine-Inférieure dressa la carte routière du canton de Duclair. Il réalisa ce travail minutieux en compagnie de ses subalternes de l'arrondissement et du secteur concerné.



 Entoilée, en couleur, cette carte de 1 m sur 73 cm représente toutes les maisons, précise l'emplacement des mairies, écoles, presbytères. Le tout assorti de statistiques.
J'ai dans ma bibliothèque un retirage de 1885. On peut penser que le document initial fut alors mis à jour puisque  figure la ligne de chemin de fer entrée en exploitation sur notre commune le 31 juillet 1882.  La station dite de "Yainville-Jumièges" y est matérialisée. Mais tous les bâtiments administratifs, alors fluctuants, ont-ils été réactualisés ? C'est ce que nous allons tenter de voir...

Selon ce document, la superficie totale d'Yainville s'élève à 331 ha et 26 a. Les terres labourables et assimilées représentent 196,26  ha ; Prés et herbages : 13, 73 ha ; Bois : 41, 42 ha ; vergers, pépinières et jardins potagers : 20, 11 ha . Curieusement, on ne fait pas état de carrières sur la commune. Il y en a pourtant. Elles ont pour noms Silvestre, Decroutelle, Sabatier et participent à l'endiguement de la Seine. Yainville compte 64 propriétés bâties, un total de 91 propriétaires et 703 parcelles.






Cliquer pour agrandir le plan d'ensemble

Si l'on se fie à ce plan, la mairie se situe en 1885 à l'emplacement de la maison construite par Raphaël Quevilly dans les années 1950 et où j'ai grandi. La voie de communication où cette maison est désignée par la lettre M avait alors pour nom la Sente aux Gendarmes, c'est l'actuelle rue Jules-Ferry. Outre ma maison familiale, on édifiera à cet emplacement "l'école des filles".

Remplacée par une nouvelle mairie-école, rue de la République, celle qui nous est signalée en 1885 a donc eu une existence éphémère avant d'être rasée.

La mairie-école                La mairie-école sous un autre angle
Deux vues de la nouvelle mairie-école.

Du reste, depuis la Révolution, la "Maison commune" des Yainvillais a été très vagabonde. Elle fut d'abord derrière l'église, chez Charles Lesain, premier maire du village, dans l'ancien manoir des moines. Puis elle pérégrina au fil des nominations.

Le presbytère, désigné ci-dessous par la lette P, est, sur le plan de Fouché, près de l'actuelle salle des fêtes, rue de la République. Le presbytère d'Yainville fut lui aussi très itinérant. Avant la Révolution, on croit le tenir dans la rue qui descend de l'église, l'actuelle rue Pasteur, sur un terrain où sera bâtie la première école en dur. En 1867, le conseil municipal décida d'acheter, non loin de l'église, une maison appartenant à M. Lemire pour y loger l'abbé Houlière, le fameux curé auteur de chansons en cauchois. Mais en 1870 fut construit un nouveau presbytère en bas de la rue Pasteur. Celui qui apparaît donc sur le plan de 1885 n'est manifestement plus le bon.

Enfin l'école, désignée par la lettre E, est dans l'actuelle rue Pasteur, avant le virage surmonté par la croix. J'y ai passé quelques réveillons et mon oncle, Bernard Chéron, répétait à l'envi que c'était l'ancienne école d'Yainville. Cette maison a effectivement une conception symétrique qui confirme cette affirmation.



Les trois édifices dont nous venons de parler sont désignés ci-dessous sous les lettres M, P et E. L'église est indiquée par une Croix.



On peut comparer le plan de 1885 avec le cadastre napoléonien ci-dessous où l'habitat est moins dense. Ce document n'a de napoléonien que le nom car il fut terminé sous l'exercice du Préfet de Vanssay, autrement dit entre 1820 et 1828.



Il faudrait qu'une bonne âme se penche sur la matrice du cadastre napoléonien pour tenter de localiser mairie, presbytère et école avant le plan du sieur Fouché.


Ci-contre le village de Claquevent, en bord de Seine. La route du bac, dit de Yainville, est matérialisée en rouge
.
Enfin, ci-dessous, le secteur des Fontaines et la propriété Grandchamp qui deviendra plus tard celle de Sacha Guitry. Aucune construction n'y figure. Il y avait pourtant là un village où mon grand-père maternel est né. 
Des propriétés en bordure de Seine présentées par le cadastre napoléonien ont disparu du paysage sur le plan de 1885. Il est donc permis de s'interroger sur la fiabilité du plan Fouché et sa concordance avec l'année citée en référence.


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