37 ans de mandat ! A Yainville, on peut dire que Jean-Augustin Lafosse a traversé le siècle ceint d'une écharpe tricolore. Voici l'ébauche d'une biographie de ce maire qui se battit tant pour avoir un curé...

Jean-Augustin Lafosse est né à Yainville le 24 octobre 1817. C'est un fils de bonne famille car ses parents, Jean-Louis Lafosse et Marie-Rose Ponty sont de gros cultivateurs. Le document ci-contre nous montre son père acheter une ferme à la famille Grain en 1837.

Pierre Lafosse, grand-père de Jean-Augustin, avait eu aussi du bien au Vaurouy et sa chaumière avait été nationalisée à la Révolution, ce qui avait donné lieu à réclamation.

Le 12 juillet 1841, à 24 ans, Jean-Augustin Lafosse va épouser à Jumièges Marie Rosalie Heuré, cultivatrice elle aussi.


Lorsqu'il est nommé maire d'Yainville, en 1848, en remplacement de Metterie, sa première délibération est pour reconnaître le gouvernement de la Seconde république. L'église a rouvert ses portes depuis deux ans et l'abbé Lefebvre en est le curé.

En 1862, l'école d'Yainville était installée dans sa ferme.

Les fermes de la famille Lafosse sont les deux bâtiments figurant en haut de ce plan.

Le trou des hoquettes...


Lafosse possédait aussi des propriétés à Jumièges. Précisément deux terrains cadastrés sous les numéros 756 et 757.


Voici les propriétés de
                      Jean-Augustin Lafosse, maire de Yainville

Vers 1854, pour lutter contre les ravages du fleuve, il investit avec quelques autres dans l'édification d'une digue destinée à protéger la section A, contigue à ses propriété. Pour sa part, il sort 4000 F de sa poche. Quand à sa prairie, la 756, il dépense 3000F pour la protéger à l'aide d'un perré.

Seulement, la digue est bientôt détruite et il est impossible de poursuivre les travaux en amont, le long de la parcelle 756.
Aujourd'hui se dessine une échancrure de 150 m. Et l'érosion se poursuivra jusqu'à l'envahissement complet du terrain.

Les deux fils de Jean-Augustin seront impliqués dans la vie jumiégoise. Augustin, l'aîné, sera conseiller municipal et secrétaire du conseil de fabrique. Mais avant cela, en 1852, il fut le président de la fanfare de Jumièges dirigée par son frère Pierre.

Alors, le 18 décembre 1868, quatorze ans après les premiers travaux, Jean-Augustin Lafosse se tourne vers le Sénateur-Préfet. Soit on lui rembourse les frais engagés. Soit l'Etat prend à sa charge de nouveaux travaux de protection. Et ce, en puisant sur le fonds voté chaque année par le gouvernement pour les travaux d'entretien de la Seine.


Le trou des hoguettes

L'ingénieur en chef des Ponts & Chaussées est consulté. Les travaux effectués en 1854 étaient une initiative d'intérêt purement privé. L'Etat, s'il avait été alors sollicité, n'aurait déjà pas porté la main au portefeuille. Pas plus qu'il n'a à le faire aujourd'hui. La dépense est estimée à 2.500F. Les travaux engagés permettraient à Lafosse de gagner 35 ares de terrains d'alluvions à son seul profit. Il n'y a pas ici de chemin de halage puisqu'il se situe sur la rive opposée. Bref, nous sortons totalement du cadre de l'intérêt général. Alors, le 24 dévrier 1869, la réponse de l'Etat est nette: c'est non.



Localisation des trous des Hoguettes et des Hogues sur une

 carte de navigation communiquée par Jean-Pierre Derouard


Vingt ans plus tard, quand d'autres riverains comme Silvestre ou la veuve Denomaison formuleront le même type de demande, l'administration applaudira cette fois des deux mains.Va comprendre, Charles...


Sources Hoguettes: Jean-Yves et Josiane Marchand, archives départementales. Rédaction : Laurent Quevilly